Critique du feu Hanabi, un art japonais

30 juin 2012 — Japon

Évaluation du spectacle

Avec Hanabi, un art japonais, les artificiers de la firme Aoki Fireworks participaient pour la première fois à une compétition d’art pyrotechnique. Malgré leur manque d’expérience dans le circuit des compétitions internationales, leur première tentative s’est avérée tout à fait correcte, même si je crois que quelques petits éléments défavorables ici et là les empêcheront de mettre la main sur un Jupiter.

Tout d’abord, on ne peut pas parler de cette prestation sans mentionner la très grande qualité des pièces pyrotechniques qui ont été utilisées tout au long du spectacle. En effet, pas moins de 98% des effets étaient fabriqués par l’équipe d’Aoki Fireworks, qui a su nous prouver son expertise à de nombreuses reprises tout au long du feu.

Ainsi, on n’a qu’à penser aux types d’effets très rares qui ont illuminé le ciel : queues de cheval dont la pointe ressemblait à des go-getters, bombes florales à six changements de couleurs, bombes multibris de couleurs vives…


Queues de cheval à pointe go-getters

Pour mettre à feu tous ces effets pyrotechniques, l’équipe d’Aoki Fireworks avait programmé pas moins de 6600 mises à feu distinctes, ce qui représente environ le double de ce que les concurrents utilisent habituellement pour un spectacle à La Ronde.

Cependant, tout comme pour Kung-Fu l’année dernière, un grand nombre de mises à feu programmées n’est pas nécessairement le gage d’une synchronisation qui repoussera les limites.

Ici, l’approche une pièce pyrotechnique, une mise à feu a permis d’effectuer des traversées très rapides de la rampe #3 avec des effets monocoups. Ces mises à feu suivaient d’ailleurs souvent des motifs comme ceux qui avait été utilisés par l’équipe australienne l’année dernière.

Malgré tout, la synchronisation, pourtant fort efficace, n’a pas été utilisée pour faire passer de l’émotion. À la rigueur, j’ai trouvé que ce feu avait un certain caractère «mécanique», c’est à dire que les effets explosaient au moment idéal, mais que les émotions autres que la surprise initiale n’y étaient pas.

Par ailleurs, un grand nombre de mises à feu peut causer un effet insidieux : il y a tellement de pièces pyrotechniques à raccorder aux modules dans un court laps de temps qu’il arrive que certains effets soient raccordés à la mauvaise sortie du module. Lors de la mise à feu d’une grande quantité d’effets du même type, un seul poste tranche avec les autres car son effet n’est pas celui prévu, ce qui nuit à la symétrie et donne un aspect un peu brouillon au spectacle.

De plus, j’ai noté que certaines familles d’effets étaient utilisées plus souvent qu’à leur tour : les queues de cheval, bien que de plusieurs types, sont revenues à de très nombreuses reprises, tout comme les bombes multi-bris et les éventails de monocoups mis à feu d’un seul coup.


Bombes multi-bris et éventail de mines sur la largeur de la rampe 3

Cette répétition des mêmes types d’effets pyrotechniques n’a pas tardé à rendre les tableaux très semblables les uns des autres. La technique de mise à feu utilisée était aussi relativement constante tout au long du spectacle : les pièces aériennes étaient souvent mises à feu sans être supportées par des pièces de petit calibre et des monocoups, ce qui rappelait le spectacle présenté par l’équipe de Taiwan en 2010.

Bref, la prestation japonaise a rehaussé d’un cran la qualité des pièces pyrotechniques dont on peut s’attendre des concurrents, mais je ne pense pas que cette équipe reparte avec un Jupiter en raison du fort sentiment de répétition et du côté «mécanique» de leur spectacle.

Mon appréciation

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Je déplore...

Grille d'évaluation

Critère Note

Pièces pyrotechniques

La diversité et la qualité des pièces ainsi que la diversité et la richesse des couleurs

10 / 10

Synchronisation

La précision de la simultanéité entre la musique, les effets sonores et les éléments d'artifice

4 / 5

Bande sonore

Les enchaînements et le choix musical

8 / 10

Conception technique

L'utilisation de l'espace, la densité de produits et la constance, à savoir la qualité du feu soutenue tout au long

8 / 10

Conception pyromusicale

La musique en lien avec la quantité et le choix des pièces pyrotechniques, l'originalité et la dynamique rythmique de la prestation pyromusicale

8 / 10
Total 38 / 45
84.4 %

Source des critères : site officiel

Trame sonore

  1. Naoki Sato - Hyoutek
  2. Naoki Sato - Ryomaden
  3. Naoki Sato - America
  4. Naoki Sato - Souran
  5. Akihiko Matsumoto - The Battle in Sekigahara
  6. Akihiko Matsumoto - Goemon Main Theme
  7. Hiroyuki Sawano - Dragon Rises
  8. Jyo Hisaishi - Nausicaa