Critique du feu Voyage Féérique
18 décembre 2010 — Feux d'Artifice B.E.M.
Évaluation du spectacle
Les artificiers de Feux d’Artifice B.E.M. n’ont décidément pas de chance au niveau de l’accumulation de fumée : alors que leur Feu sur glace de l’an dernier avait été tiré avec un vent qui soufflait vers le public (qui avait donc reçu son lot de débris et respiré l’odeur de la poudre brûlée), le vent s’était cette fois fait timide, et certaines explosions apparaissaient donc indistinctement à travers le voile de fumée…
Comme l’équipe de B.E.M. a décliné ma demande de faire une entrevue sur les rampes de lancement, je suis arrivé sur les quais sans savoir ce qu’avait prévu le concepteur, que ce soit au niveau du thème autour duquel il voulait articuler son spectacle ou encore de la sélection des effets…
D’ailleurs, à ce chapitre, Voyage féérique était principalement composé de gâteaux et de chandelles romaines, au détriment des pièces aériennes. J’aime qu’un spectacle contienne quelques gâteaux, car leur cadence de tir élevée les place dans une classe à part et fait un contraste agréable avec les autres types d’effets, mais, à mon avis, Voyage féérique en contenait véritablement trop.
D’ailleurs, parmi tous les gâteaux représentés dans ce spectacle, j’ai été agréablement surpris d’aperçevoir fugitivement les mêmes gâteaux en éventail croisé de crossettes vertes et violettes qu’avait utilisés Martin Hildeberg sur des pontons dans Souvenirs d’un DJ. Il ne fallait pas cligner des yeux pendant cette séquence, car la cadence de tir était aussi rapide que dans mon souvenir : en moins de six secondes, des centaines d’étoiles avaient rempli le ciel puis disparu !
De plus, il faut souligner la beauté de certaines comètes à combustion longue, qui s’éteignaient tout juste avant de revenir au sol, ce qui traçait une arche spectaculaire dans le ciel.
Même si les pièces aériennes se faisaient rares, une des toutes premières séquences, à base d’abeillesblanches, contribuait à renforcer le thème. En effet, selon la présentation par la narratrice maison, on annonçait que la musique classique et les effets pyrotechniques [accompagneraient] les flocons dans un tourbillon de couleurs, de formes et de grandes émotions
. Ce segment, qui n’était pas sans rappeler une tempête de neige, était donc tout à fait approprié.
Au niveau de la trame sonore, la musique classique était effectivement à l’honneur, tel que promis dans la narration. Je trouve personnellement que la musique classique n’évoque pas autant d’émotions que la musique de film, ce qui a donné à mon avis une ambiance un peu trop constante tout au long du spectacle. Cependant, comme cette trame sonore différait de celles des deux feux précédents, elle a quand même permis d’éviter une certaine répétition du style musical d’une semaine à l’autre.
Bref, à cause de la rareté des effets aériens, du caractère répétitif des séquences de petits effets (gâteaux et chandelles romaines) et du choix musical qui m’a laissé quelque peu indifférent, je ne place pas Voyage féérique en tête de mes préférences des Feux sur glace Telus 2010.
B.E.M. semble avoir un style plus sobre que les deux autres firmes ayant illuminé le ciel de Montréal au cours des dernières semaines; conséquemment, Voyage féérique n’était pas un mauvais feu, mais il n’était pas assez festif à mon goût pour un événement aussi familial.
La semaine prochaine, Feux d’artifices Apogée nous présente Émotions fluviales pour un Noël du tonnerre !
Mon appréciation
J'ai apprécié...
- Les comètes à combustion longue réparties tout au long du spectacle
- La séquence à base d'abeilles blanches
- La fausse finale, qui a laissé place à un dernier tableau d'un peu plus de deux minutes
Je déplore...
- Le nombre de gâteaux au programme
- Certains petits gâteaux donnaient l'impression d'être de niveau «grand public», car leurs projectiles crépitaient beaucoup, à la manière de bien des produits de cette classe

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