Critique du feu D’accord
19 juin 2010 — Taïwan
Évaluation du spectacle
À peu près tout fonctionnait de travers hier à La Ronde avant que ne débute la performance de la firme taïwanaise. Tout d’abord, Michel Lacroix, la voix d’or et le maître de cérémonie habituel de l’International des Feux, brillait par son absence. Ensuite, un marron d’air avec titane a été lancé avant même le début de la cérémonie protocolaire, alors que le premier est généralement lancé après que le maître de cérémonie soit présenté. Pour finir, l’éclairage de la Grande Roue a été éteint deux minutes avant le début du spectacle, pour finalement être rallumé en quatrième vitesse juste avant le compte à rebours. Le tout sans parler de la météo qui faisait des siennes. Heureusement qu’il n’y a eu aucun pépin technique (à ma connaissance) pendant le spectacle !
Finalement, une fois le compte à rebours terminé, la musique a commencé, puis un groupe de pièces aériennes a été lancé, ce qui a donné l’impression d’un décalage entre la trame sonore et le lancement des pièces. Cependant, comme la synchronisation du spectacle a été généralement adéquate, il faut conclure que la conceptrice, Helen Ong, a choisi de débuter son spectacle en lançant ses pièces après le début de la trame sonore. Une bien curieuse décision…
Le spectacle était conçu sensibiliser la population à la cause de l’environnement. Ainsi, il était d’abord prévu de présenter le monde actuel (avec la chanson «We Are the World»), puis montrer la planète qui se révolte contre ses habitants (segment «Fin du monde») pour finalement conclure en présentant un monde nouveau, où tous les habitants vivent en paix avec la nature. Malheureusement, malgré un thème et un synopsis clairement établis, le lien avec les pièces pyrotechniques utilisées était plutôt faible.
À la manière de l’Italie la semaine dernière, la trame sonore était le maillon faible du spectacle et les enchaînements entre les pièces musicales étaient très peu sophistiqués. Dans le cas qui nous occupe, ils étaient littéralement inexistants et prenaient la forme d’une pause complète de cinq à dix secondes entre chaque chanson. Nul besoin de dire que les spectateurs ont eu tout le temps voulu pour applaudir, prendre une gorgée de bière et discuter de fond en comble du tableau précédent avant que l’autre ne commence (c’est exagéré, mais vous comprenez l’idée).
Heureusement que San Tai Pyrotechnics fabrique des pièces de grande qualité ! Faute d’avoir un thème et une trame sonore dignes de l’International des Feux, leurs pièces aériennes innovatrices (avez-vous déjà vu des explosions en forme de poisson et de chat, vous ?) et leurs couleurs vives ont plu à tous. Par contre, j’ai trouvé que les diadèmes revenaient trop souvent. Heureusement qu’il y a diverses façons de construire ces pièces, ce qui a évité d’avoir une répétition trop apparente à ce chapitre.
Au niveau de l’utilisation de l’espace, j’ai été quelque peu déçu de constater que les tableaux remplissaient très rarement le ciel de haut en bas. Ainsi, il y avait souvent un groupe de gâteaux qui était mis à feu sans pièces aériennes pour l’appuyer en hauteur. L’inverse était aussi vrai : les pièces de gros calibre remplissaient le haut du ciel, mais le bas demeurait désespérément vide.
Chose certaine, vu la quantité de grosses bombes (8″ à 10″) présentes dans ce spectacle, le public à l’extérieur de La Ronde a certainement passé un bon moment !
En conclusion, compte tenu des faiblesses au niveau du thème et de la trame sonore, je doute que l’équipe taïwainaise reparte avec un Jupiter cette année.
Mon appréciation
J'ai apprécié...
- Le traitement pyrotechnique plutôt humoristique de la séquence «Toy Symphony»
- La très grande qualité des fontaines, des mines et des bengales nautiques
Je déplore...
- La trame sonore mal normalisée; les «pop» étaient trop fréquents
- L'absence de finale (non, les feuilles mortes ne suffisent pas !)
- Ma copine Emilie, Mylène Salvas et moi-même n'avons pas vu les pièces aériennes à l'effigie de Dora l'Exploratrice qui nous avaient été promises dans le communiqué de presse
Grille d'évaluation
| Critère | Note | |
|---|---|---|
|
Pièces pyrotechniques La diversité et la qualité des pièces ainsi que la diversité et la richesse des couleurs |
9 | / 10 |
|
Synchronisation La précision de la simultanéité entre la musique, les effets sonores et les éléments d'artifice |
6 | / 10 |
|
Bande sonore Les enchaînements et le choix musical |
5 | / 10 |
|
Conception technique L'utilisation de l'espace, la densité de produits et la constance, à savoir la qualité du feu soutenue tout au long |
6 | / 10 |
|
Conception pyromusicale La musique en lien avec la quantité et le choix des pièces pyrotechniques, l'originalité et la dynamique rythmique de la prestation pyromusicale |
6 | / 10 |
| Total | 32 | / 50 |
| 64 % | ||
Source des critères : site officiel
Trame sonore
- Michael Jackson - We Are the World
- Hans Zimmer - King Arthur OST - Woad to Ruin
- Ramin Djawadi - Iron Man OST - Fireman
- Harald Kloser & Thomas Wander - 2012 Doomsday OST - End of the World
- Cloches tibétaines
- Maitri Vihar Monastery - Monks of Maitri
- James Horner - Avatar OST - [Titre non-spécifié]
- Leopold Mozart - Cassation in G Major - Toy Symphony
- Louis Armstrong - What a Wonderful World
- Céline Dion - A New Day Has Come

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