Critique du feu Croire
26 juin 2010 — Pologne
Évaluation du spectacle
La firme Surex, de la Pologne, représentait son pays pour la première fois en 26 ans de compétition. Leur première entrée, intitulée Believe, nous demandait de croire en la magie de la pyrotechnie. Malgré une trame sonore qui ne me disait rien de particulier (encore du Céline Dion ?!), j’y ai finalement cru. Cette firme a beaucoup de potentiel, les amis !
Il faut beaucoup d’audace pour démarrer un spectacle avec une pièce de Chopin accompagnée de comètes nautiques et d’éventails. Habituellement, des pièces de gros calibre sont utilisées dès les premiers instants pour démarrer le spectacle en trombe, mais les artificiers de Surex ont décidé de faire différemment. Après la première surprise, force est d’admettre que leur première séquence était une belle réussite.

Des comètes nautiques sur le Prélude no. 7 en La Majeur – on croirait presque des doigts sur le clavier d'un piano !
La suite de leur spectacle n’était pas en reste : l’espace uniformément rempli était une autre surprise rafraîchissante de la part d’une firme qui en était à sa première présence sur les rampes de lancement. Le site de La Ronde est très imposant, et rares sont les firmes qui, comme Surex, parviennent à l’exploiter au maximum du premier coup.
Du côté des transitions, les concepteurs musicaux (car Surex étant une entreprise familiale, chaque membre de la famille a semble-t’il eu son mot à dire) ont choisi encore une fois cette semaine de ne pas raccourcir leurs pièces musicales et de les enchaîner sans réaliser de transition musicale d’une pièce à l’autre. Cependant, pour faire office de «transition pyrotechnique», il n’était pas rare que des pièces à combustion longue (comme des kamuros) soient lancées peu avant la fin de chaque chanson, de manière à garder le ciel rempli le temps que la chanson suivante commence.
Un petit bémol vient cependant ternir leur prestation : j’ai trouvé qu’il manquait un peu de couleur et que le doré revenait un peu trop souvent. Il faut aussi dire qu’il y a eu une bonne accumulation de fumée, qui a sans doute rendu plus ternes les pièces utilisées. Heureusement d’ailleurs qu’il y avait parfois quelques secondes de temps mort, ce qui permettait à la fumée de se dissiper (quitte à perdre un peu de momentum, qui était cependant bien vite récupéré).
De plus, pendant leur «fausse finale» (oui, le spectacle comprenait bien deux finales), les artificiers ont fait preuve d’une curieuse décision technique en faisant décoller des soucoupes volantes à partir de la rampe #2 pendant que des éventails de mines étaient mis à feu sur la rampe #3. Résultat : on peinait à aperçevoir lesdites soucoupes volantes.
Toutefois, il y a très certainement une raison légale à cette situation : du fait de sa proximité avec le public, la rampe #3 ne peut accueillir de soucoupes volantes, au risque qu’elles retombent dans les gradins. Conséquemment, les artificiers de Surex ont sans doute été contraints «d’inverser» leur tableau et de reléguer les soucoupes volantes à la rampe #2.
Malgré ces petits irritants, j’ai néanmoins trouvé que le spectacle de Surex était une excellente entrée en matière pour une équipe qui en est à sa première présence à La Ronde. Je compare mes sentiments face à ce spectacle à ceux ressentis après la prestation de l’Afrique du Sud l’an dernier : une performance honnête de la part d’une firme que j’ai bien hâte de revoir, mais qui ne gagnera vraisemblablement pas de Jupiter pour cette fois.
Dégradation de la qualité à La Ronde
Pour une deuxième semaine consécutive, des problèmes de son ont entaché la prestation. Comme il est improbable que deux concurrents de suite normalisent mal leur trame sonore (mon hypothèse initiale pour les problèmes rencontrés par l’équipe de Taïwan), il faut donc en conclure que le problème est causé par l’équipement audio de La Ronde elle-même. D’ailleurs, il semble que les membres du jury aient reçu cette semaine l’ordre de ne pas tenir compte des nombreux «pop!» entendus pendant le spectacle, ce qui confirme l’existence d’un problème à l’interne.
De plus, la Grande Roue a été correctement éteinte en séquence cette semaine, mais elle s’est rallumée au début du spectacle pour finalement s’éteindre de nouveau en séquence pendant que les bombes commençaient à remplir le ciel. Il me semble qu’une telle erreur n’a pas sa raison d’être dans un événement aussi prestigieux que l’International des Feux…

Grande Roue allumée pendant le spectacle – non, la prestation n’a pas commencé avant la fin du compte à rebours !
À 21h30 précises, pendant qu’absolument rien ne se passait sur la scène flottante, un marron d’air avec titane a encore une fois été lancé trop tôt. On dirait que le mortier est raccordé à une minuterie, qui effectue la mise à feu peu importe où en est rendue la cérémonie protocolaire.
Heureusement que Michel Lacroix était de retour cette semaine; sa prestance légendaire a su compenser pour les erreurs techniques pendant la cérémonie…
Mon appréciation
J'ai apprécié...
- Les deux finales aussi assourdissantes et chaotiques que possible
- La qualité des gâteaux
- Le remplissage quasi-irréprochable de l'espace
Je déplore...
- Le manque relatif de contraste d'un tableau à l'autre
- Le thème peut-être un peu vague
- La surutilisation des kamuros, des saules pleureurs et des autres pièces du même acabit
Grille d'évaluation
| Critère | Note | |
|---|---|---|
|
Pièces pyrotechniques La diversité et la qualité des pièces ainsi que la diversité et la richesse des couleurs |
7 | / 10 |
|
Synchronisation La précision de la simultanéité entre la musique, les effets sonores et les éléments d'artifice |
7 | / 10 |
|
Bande sonore Les enchaînements et le choix musical |
7 | / 10 |
|
Conception technique L'utilisation de l'espace, la densité de produits et la constance, à savoir la qualité du feu soutenue tout au long |
9 | / 10 |
|
Conception pyromusicale La musique en lien avec la quantité et le choix des pièces pyrotechniques, l'originalité et la dynamique rythmique de la prestation pyromusicale |
8.5 | / 10 |
| Total | 38.5 | / 50 |
| 77 % | ||
Source des critères : site officiel
Trame sonore
- Frédéric Chopin - Prélude no. 7 en La Majeur
- Christopher Ward - Sea World's Believe OST - Shamu Alone
- Christopher Ward - Sea World's Believe OST - Discovery
- Christopher Ward - Sea World's Believe OST - Share the Joy
- Ennio Morricone - The Untouchables OST - [Pièce non-spécifiée]
- Bryan Adams, Hans Zimmer & Gretchen Peters - Spirit: Stallion of the Cimarron OST - Here I Am
- Céline Dion et Garou - Seul - Sous le vent
- X-Ray Dog - Across the Word
- Hans Zimmer - Pirates of the Caribbean: At World's End OST - What Shall We Die Fo
- Hans Zimmer - Pirates of the Caribbean: At World's End OST - At Wit's End
- X-Ray Dog - Acts of Courage
- X-Ray Dog - Timeline
- X-Ray Dog - Tribal Instinct

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