Critique du feu Les couleurs de Kakadu

16 juillet 2011 — Australie

Évaluation du spectacle

Je n’ai pu assister à ce feu d’artifice et j’ai donc du le regarder en vidéo. Conséquemment, mon opinion peut différer de celle de quelqu’un qui y assisté depuis les gradins de La Ronde.

Parmi les trois spectacles que j’ai manqués cette année à La Ronde (une première déshonorante pour moi depuis 2008, année où j’ai commencé à assister à tous les feux au programme), Les couleurs de Kakadu était celui où j’aurais fait des pieds et des mains (et une tête, deux reins, un foie, une vésicule biliaire, un œsophage, etc.) pour pouvoir me trouver dans les gradins.

En effet, il s’agissait de la deuxième fois qu’un groupe de musique interprétait en direct une partie de la trame sonore depuis les débuts de la compétition en 1985. Pour mieux évoquer une atmosphère australienne, les concepteurs d’Howard & Sons avaient opté pour le duo eMDee, formé d’un batteur et d’un joueur de didgeridoo.


Musiciens du groupe eMDee – notez les 4 didgeridoos utilisés tout au long du spectacle

Photo © Mylène Salvas, tous droits réservés (avec permission)

Il semble que le parc national de Kakadu soit soumis à 13 saisons pendant l’année (ne me demandez pas lesquelles !) Pour les représenter, le spectacle était donc divisé en 13 séquences principales.

N’étant pas particulièrement familier avec ce parc national, je ne pouvais pas apprécier les nuances des 13 tableaux. Cependant, je pouvais parfaitement apprécier la grande qualité des produits pyrotechniques et de la conception technique du spectacle.

Malgré le fait qu’une grande partie de l’inventaire de pièces pyrotechniques provenait de manufacturiers chinois, dont la qualité des produits n’équivaut pas encore tout à fait à celle des manufacturiers européens, j’ai été surpris de constater la grande qualité des couleurs, pour autant qu’on puisse la juger en vidéo.

De plus, certaines bombes multi-bris étaient saisissantes de par la variété d’effets qu’elles éjectaient dans le ciel. Certaines bombes de type pivoine comportaient d’ailleurs des étoiles qui étaient propulsées vers la fin de leur combustion, ce qui donnait lieu à un motif à mi-chemin entre la sphère typique et le motif irrégulier des go-getters.

Au niveau des angles et des positions de tir, l’équipe de Howards & Sons a exploité la rampe #4 comme nul autre concurrent cette année, avec des tirs horizontaux, anglés en diagonale et verticaux. La quantité d’effets monocoups disposés sur cette petite rampe était véritablement ahurissante. Il semble d’ailleurs qu’il y avait une vingtaine de postes de tir sur cette rampe seule.


Angles inédits des mines et des comètes

Photo © Mylène Salvas, tous droits réservés (avec permission)

Les trois autres rampes étaient d’ailleurs particulièrement remplies. Il faut bien justifier les quelques 6000 mises à feu distinctes que comportait ce spectacle !

Au chapitre de la synchronisation, le travail des artificiers australiens était rendu particulièrement complexe du fait de la présence des deux musiciens d’eMDee. Hors, leur excellent travail, aussi bien pendant les parties pré-enregistrées de la trame sonore que dans les parties interprétées en direct, rappelait celui de Martin Hildeberg lors du feu suédois de l’année dernière. Hors, malgré tout le respect que je lui porte, le concepteur suédois n’avait pas à tenir compte de deux musiciens pendant son spectacle !

Même si Les couleurs de Kakadu repoussait à peu près toutes les limites de ce qu’un spectacle pyromusical digne de la plus prestigieuse compétition de feux d’artifices doit être, le jury a uniquement accordé le Jupiter de bronze aux australiens. Il semble que la sonorité particulière du didgeridoo n’ait pas plu à une certaine majorité. Dommage, car les australiens méritaient définitivement de repartir avec l’or.

Mon appréciation

J'ai apprécié...
Je déplore...

Grille d'évaluation

Critère Note

Pièces pyrotechniques

La diversité et la qualité des pièces ainsi que la diversité et la richesse des couleurs

9.5 / 10

Synchronisation

La précision de la simultanéité entre la musique, les effets sonores et les éléments d'artifice

5 / 5

Bande sonore

Les enchaînements et le choix musical

10 / 10

Conception technique

L'utilisation de l'espace, la densité de produits et la constance, à savoir la qualité du feu soutenue tout au long

9.5 / 10

Conception pyromusicale

La musique en lien avec la quantité et le choix des pièces pyrotechniques, l'originalité et la dynamique rythmique de la prestation pyromusicale

9.5 / 10
Total 43.5 / 45
96.7 %

Source des critères : site officiel

Trame sonore

  1. eMDee - Mellow
  2. eMDee - Bangin
  3. eMDee - PMark
  4. Jay C & Felix Baumgartner - Souk Single - Souk (Vertigo's Blissed Out Sunset Mix)
  5. Arno Elias - Buddha-Bar : Nature - Osmyo
  6. Joh Butler Trio - Sunrise Over Sea - Mist
  7. eMDee - Wandering EP - Dark
  8. eMDee - Stomp - Coopers Shoot
  9. Delerium - Karma - Silence
  10. Arno Elias - Buddha-Bar : Nature - Epic and Dream
  11. Moby - Play - Everloving
  12. David Hirschfelder - Australia (Music from the Movie) - Fire From The Sky
  13. eMDee - Oroborous - Sonic Boom
  14. eMDee - Larger